Les cigognes sur le Thil

"Compère le renard se mit un jour en frais, et retint à dîner commère la cigogne. Le régal fut petit et sans beaucoup d'apprêts : le galant, pour toute besogne, avait un brouet clair ; il vivait chichement. Ce brouet fut par lui servi sur assiette : la cigogne au long bec n'en put attraper miette. Et le drôle eut lapé le tout en un moment. Pour se venger de cette tromperie, a quelque temps de là, la cigogne le prie "volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis, je ne fais point de cérémonie". A l'heure dite, il courut au logis de la cigogne son hotesse ; loua  très fort la politesse ; trouva le dîner cuit à point : bon appétit surtout ; renard n'en manque point. Il se réjouissait à l'odeur de la viande mise en menus morceaux, et qu'il croyait friande. on servit, pour l'embarrasser, en un vase à long col et d'étroite embouchure. le bec de la cigogne y pouvait bien passer ; mais le museau du sire était d'autre mesure, il lui fallut à jeun retourner au logis, honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, serrant la queue, et portant bas l'oreille. Trompeurs, c'est pour vous que j'écris : attendez-vous à la pareille"

Le renard et la cigogne, Jean de la Fontaine

 

De la mi-août à mi-septembre, la migration des cigognes bat son plein. La tradition populaire l'a de tous temps parée de vertus : portant bonheur aux maisons sur lesquelles elle construit son nid.

Elle transite par nos villages deux fois par an, une première fois en mars quand elle rejoint son lieu de reproduction en Europe centrale et en aout / septembre quand elle reprend ses quartiers d’hiver en Espagne ou en Afrique.

C’est ainsi que le 8 août dernier certain ont pu observer une dizaine de couple avec leurs cigogneaux sur le toit de M et Mme PLACOULAINE et sur le toit et les sapins du Château du Thil.